L’honneur de la déesse Iemanja

FESTA DE IEMANJA

Écrit par : Laura Côté-Bilodeau

Festa de Iemanja est depuis près d’un siècle la fête officielle en l’honneur de la déesse Iemanja, aussi connue sous le nom de Yemoja ou Ymoja. Cette célébration populaire a lieu le 2 février, à Salvador de Bahia, sur la plage du Rio Vermelho. On y retrouve de la danse sur le rythme des percussions, des chants africains et des offrandes à la mer.

Dans la mythologie africaine (yoruba), Yemoja représente la déesse mère, protectrice des femmes, surtout celles qui sont enceintes ainsi que des enfants. Elle est considérée comme la mère de tous les saints. Certaines histoires africaines racontent qu’elle est à la source de toute vie, en comptant tous les orishas.

Dans la culture afro-brésilienne, en plus d’être la mère des orishas, elle est aussi la déesse du monde aquatique. Elle est représentée comme une sirène ou comme une créature fantastique émergeant de l’eau. Elle devient donc aussi protectrice des pêcheurs.

Vers la fin du 19e siècle, afin de convertir les esclaves noirs en chrétiens, le clergé portugais se mit à associer les divinités orishas aux saints catholiques. C’est à partir de cela que Iemanja fut associée à la Sainte Vierge.

J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de similitudes entre l’histoire du Québec et celle du Brésil. Les croyances africaines des Orishas ressemblent un peu au système de pensée des autochtones du Québec. De plus, La colonisation fait par les Portugais, ainsi que l’assimilation du peuple africain ont de réels résonances avec la colonisation faite par les Français en terre nord-américaine.

Le commencement de nos histoires se ressemblent, mais nos chemins se sont largement différenciés au fil des années. Ici, au Québec, depuis les années 60, la religion catholique a perdu son emprise sur le pouvoir. La chute de l’Église s’est faite de manière assez considérable pour qu’à présent la majorité des Québécois ne vouent peu ou pas d’importance à la religion. Contrairement au Brésil où la religion catholique reste très présente dans la vie des Brésiliens.

Par ailleurs, au Québec, nous avons très peu ou aucun contact avec les Premières Nations. Ils habitent reclus dans des réserves principalement au Nord du Québec. Tandis qu’à Salvador de Bahia, par exemple, 80% de la population est d’origine africaine. Tous les habitants cohabitent ensemble. On parle de culture afro-brésilienne. L’influence africaine est importante sur les croyances et sur la vie de tous. Par exemple, en ce qui concerne les Orishas. Même si la majorité des Brésiliens sont chrétiens ou catholiques, ils connaissent l’existence de ces divinités et en font des célébrations. Cela fait partie de leur culture.

À mon sens, le Québec devrait prendre exemple sur ces valeurs et respecter davantage ses origines.

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