Pelourinho

Pelourinho

Écrit par : Olivier Hardy

Une petite recherche s’impose. Inscrivez « Salvador — Bahia » sur Google. Outre les photos de plages blanches et de mer azur, vous y trouverez de somptueuses photos de vieux édifices coloniaux et de plusieurs petites églises aux couleurs vives ou pastel. De magnifiques photos de cartes postales. Ces images ne représentent qu’un tout petit quartier de la ville de Salvador, le Pelourinho. Aujourd’hui envahi par les touristes, ce quartier historique fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985. Ce quartier, situé dans la haute-ville, perché sur un escarpement de 85 m, fait découvrir de riches édifices ornés d’or et de rubis qui cachent une réalité bien moins resplendissante. Si le quartier présente autant d’attraits aujourd’hui, c’est parce que dès la construction de Salvador en 1549, des esclaves africains étaient importés en grand nombre au Brésil afin de participer à la construction de cette colonie portugaise. Le Pelourinho eut la « chance » d’accueillir le premier marché d’esclaves du nouveau continent. Ces esclaves étaient surtout vendus pour travailler sur les plantations de canne à sucre dans les terres de Bahia. La demande d’esclave était si grande que leur nombre a déjà atteint près la moitié de la population de Salvador. Il reste aujourd’hui dans le nom du quartier du Pelourinho un souvenir cuisant de cette histoire peu reluisante. La traduction française du mot portugais pelourinho signifie « pilori » : poteau sur lequel les esclaves étaient attachés, exposés devant la population et punis par flagellation. Triste réalité, le Brésil fut le dernier pays d’Amérique à abolir l’esclavage en 1888. Malheureusement, la sombre histoire du quartier ne s’arrête pas avec cette loi. Celui-ci est abandonné jusqu’au moment ou l’UNESCO s’y intéresse, un siècle plus tard. Dès 1991, le quartier est restauré grâce à l’aide financière de cet organisme. Afin d’attirer les touristes et de rendre le quartier plus sécuritaire, une autre injustice a lieu. Ceux qui habitent ce quartier pauvre et délabré sont déportés vers des favélas déjà surpeuplées. On y cache les problèmes pour rendre l’endroit plus aseptisé. Enfin, c’est en s’informant qu’on peut voir ce qui n’apparait pas sur les cartes postales.

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